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Cette mauvaise chaise

À en croire la très bonne parole, il faut que je sois fou. Ils ont réfléchi toute la nuit derrière des portes closes, et maintenant que la fatigue a fini par les mettre d’accord, ils peuvent le dire sans aucun risque de se tromper : c’est ça. L’un d’eux monte au créneau pour défendre cette position. Le pauvre est mal barré. Pour rien au monde je n’échangerais nos places. Il se racle la gorge, toussote d’un air qu’il voudrait compétent. Moi je regarde l’auditoire et les filets de salive suspendus à ses lèvres. Du coup le diagnostic m’échappe, ou peut-être je n’y comprends rien, et la Juge doit lui demander d’arti­culer encore une fois. Alors, en détachant mieux les syllabes : per­pétuité. Après qu’il a lâché ce mot, son visage pris de vertige se decompose ; il se retourne vers ses collègues, guettant un signe d’ap­probation, mais les autres ont disparu dans leurs cols de chemise et ne sont plus en état de hocher la tête. Il se met à chercher un appui dans la salle, un point quelconque où fixer son regard ; il ne trouve pas; partout le bois travaille et bouge, les lattes craquent sous le poids de ceux qui sont morts. Il s’égare plusieurs heures, puis ajoute d’une voix qui me paraît manquer de conviction : « Car s’il est difficile de juger de la personnalité de l’accusé ou des raisons de son acte, étant donné sa mauvaise volonté évidente et son refus de coopérer avec la justice, les faits du moins sont clairement établis. »

 

On en revient donc aux faits : je me suis trouvé mêlé à une affaire de meurtre. Par un beau matin de février, un peu froid mais lumineux, je suis descendu dans la rue armé d’un pistolet et j’ai tué trois per­sonnes. C’étaient apparemment des gens que je ne connaissais pas, et qui ne m’avaient rien demandé. Ils étaient des êtres humains, moi aussi peut-être, et ça ne se passait pas trop mal. ensuite les cinquante­ quatre témoins ont compté sept ou huit coups de feu. Moi j’ai vu les rosaces de cervelle jaillir sur le trottoir. La rue brusquement cathé­drale. Les grandes orgues qui se mettaient en marche.

Alors c’est clairement établi, mais ils ne comprennent pas. Assis bon an mal an sur cette mauvaise chaise, je vois bien qu’ils sont perplexes, ils meurent d’envie de me demander: « Vous comprenez, vous ? » – et je pourrais toujours répondre : « Oh, moi, au point où j’en suis, vous savez… » — et pourtant je préfère m’abstenir : je ne voudrais pas être complice de quoi que ce soit. Pour une fois que je suis acteur, moi l’éternel témoin, je n’ai aucune raison de me mettre à table. Ils demandent : étiez-vous atteint, au moment des faits, d’un trouble psychique ayant aboli la jugeote de votre discernement ? Ce problème les intrigue. Avec beaucoup de bonne volonté, moi aussi je m’interroge. Je ne sais pas la tête d’un discernement aboli. Je n’ai jamais eu le plaisir. Mon avocat dit oui, oui, oui. Aboli, absolument. Aboli, c’est le mot. Il a l’air sûr que si. L’expert nous en met plein la vue avec son expertise : il a le regard vitreux, aime s’écouter parler et emploie des formules qui reviennent à dire peut-être, mais peut-être pas ; on ne peut pas trop savoir, l’indétermination, de nos jours, vous savez… Ma bouche à moi ? Ma bouche. Elle est fermée. Pas demain la veille qu’elle s’ouvrira. D’ailleurs, ça les arrange: pour être un fou convenable, il faut parler beaucoup et d’abondance, ou rien et pas du tout ; on a fait les calculs, chacun dans notre coin, sans se consulter, et on est tous tombés sur le même résultat : d’un point de vue rationnel, la seconde solution est plus économique.

 

Je suis maître du silence tandis qu’ils gesticulent dans leurs robes noires beaucoup trop larges pour eux – pointent sur moi des index qui s’allongent comme ceux d’inquisiteurs. Ils disent Nexus a fait, Nexus a déclaré, Nexus se mure dans le silence et ne montre aucun remords. Nexus paraît-il c’est mon nom. Il est très malheureux, Nexus, assailli de toutes parts, encerclé de questions devant et der­rière par les regards qui donnent des fourmis dans la nuque. Enfin : à en croire la tête du contrit d’office à côté de moi, je suis en passe de gagner. Ça ne m’amuse pas beaucoup. Ces procédures judiciaires sont très lourdes, épuisantes. Bien que j’aie envie de dormir, je n’y arrive pas, et je sais de toute façon que ça ne servirait à rien. Laisser passer l’orage. Parfois leur arrogance va au-delà de la mesure, je m’apprête à intervenir, sauf que ça n’est jamais mon tour ou que ma mâchoire s’est engourdie : la fourmilière, encore un coup. Je me chuchote des apaisements et des résignations.

 

Au matin du cinquième jour c’est l’heure des grands mots fati­diques. Mon front tombe à grosses gouttes sur le parquet. Parce qu’il s’est mis à faire très chaud, un peu trop chaud pour l’homme. À part perpétuité, l’autre mot important du procès ç’a été canicule : tous les ploucs de la cour d’assises macéraient dans leur sueur. Une fois le verdict proclamé, la salle s’agite autour de moi. Les gens veulent tout à coup dire un tas de choses à leurs voisins. J’entends les bancs de bois murmurer que le verdict est devenu fou. Jamais on n’a vu un jury coller perpétuité à un irresponsable. Certains pieds de chaise crient au scandale, d’autres – à vue de nez plus nombreux – que c’est bien fait pour lui. Depuis plusieurs minutes ça m’ordonne de me lever, mais je me trouve mieux assis, même sur cette mauvaise chaise. Ensuite ça demande si je veux réagir. Rien du tout. Qu’ils fassent comme ils l’entendent. Moi de toute façon je n’en ai plus pour longtemps.

 

À la fin ils m’ont enfermé pour toujours dans un monde gris de peut-être six ou sept mètres carrés, promenade une fois par jour, manger trois fois par jour. Le lit était en fer, qui est un métal froid, et on ne dormait pas quand on veut. Par chance on ne m’y a pas laissé moisir. Perpétuité, en bon langage, veut dire jusqu’à ce qu’on meure. Mais le sens des mots, aujourd’hui, vous savez, avec ces êtres humains instables et lunatiques… Le lit d’après était mieux, le monde un peu plus vaste, très blanc, les gens plus gentils, éga­lement tout en blanc, qui est la couleur de rigueur dans les cliniques de luxe. J’ai appris ça par une infirmière noire qui trouvait le choix politiquement limite. On a parlé un peu. Je la revois qui se concentre et dit : la pureté c’est très monotone. Et elle ajoute : c’est d’un autre âge, c’est anarchique. Il y a une chance qu’elle veuille dire archaïque. Néanmoins je me garderai bien de lui faire la remarque : moi aussi il m’a fallu le temps avant de passer expert en mots, et on voit bien que ce n’est pas mon rôle de corriger. Elle était ronde et belle, pas­sionnée de couleurs, elle me demandait avec un rire de gorge si j’étais un impur. Si je voulais de la couleur, elle essaierait de m’en apporter, il fallait juste que je lui dise quoi. J’ai dit que je voulais du bleu. Elle m’a tendu la main : tope là, monsieur Nexus, du bleu, c’est entendu. Puis en fait non : ce n’était pas possible, le règlement interdisait le bleu en général et pour moi en particulier. Désolée, dit mon infirmière. Une fois n’est pas coutume, elle en a vraiment l’air. Je la rassure que ce n’est pas grave. Le bleu comme j’aurais voulu, la nuance, vous n’auriez pas trouvé, de toute façon. Sou­riante comme jamais, elle tente de me consoler : « mon pauvre monsieur Nexus ! Avec le temps on se fait à tout. » C’est sagesse populaire ; ça ne coûte pas grand-chose. Personnellement je savais que c’était faux, l’inhumain il reste inhumain, mais comme j’étais là pour toujours il n’y avait qu’à hocher la tête. Quand on habite dans une clinique, la résistance est un gâchis. Ça mène droit aux pilules assommantes. Au fil des semaines, j’ai pris les habitudes du pantin de bois qui se laisse ballotter par la justice et reste docile même quand elle est incohérente. La date s’appelait le 4 octobre quand on m’a annoncé un nouveau transfert. « Dans trois jours. On va s’occuper de vous. » Mon infirmière impure ne soupçonne pas le poids de ses phrases. Jusqu’alors j’étais content qu’on ne s’occupe pas trop de moi. J’étais dans la presqu’île – il s’y dresse une cita­delle intérieure, il y règne un silence éternel. Puisque le monde était hostile, j’avais choisi d’être à moi-même mon propre lieu, mon propre et unique habitant. Plus besoin de voir du pays. Mais sans doute ce qui me plaît à moi ne leur plaît pas à eux. Bizarre.

 

Maintenant ils m’ont emmené dans la grande maison qui n’en finit plus, dont les pièces tournent en rond et ne sont jamais les mêmes. Des yeux globuleux courent au plafond et surveillent le moindre de mes gestes. Qu’est-ce que je fais là au juste ? Ce n’est pas ma place. Il faut à tout prix que j’y aille. Pas impossible que d’ici peu je regrette mon fer gris, mon lit blanc. J’appréhende le retour des questions. Je ne peux plus les supporter. Leurs pourquoi? se sont agrégés en excès, ça fait la boule d’obstruction dans ma gorge. Au procès, ils m’ont tellement submergé de questions, des jours entiers, dans un déluge, que j’ai fini par me mettre debout, très droit, trop raide, pour leur administrer la grande raclée: je leur ai confessé que j’avais sauvé le monde. Je leur ai dit madame la Juge, mesdames, messieurs… que vous le vouliez ou non, et sauf votre respect: j’ai su venger cette terre de la négligence des dieux.

 

© Vincent Message

 


Dieser schlechte Stuhl

Glaubt man ihren Offenbarungen, muss ich auf jeden Fall verrückt sein. Sie haben die ganze Nacht hinter verschlossenen Türen getagt, und jetzt, nachdem die Müdigkeit sie schließlich zu einer Einigung gezwungen hat, können sie zweifelsfrei behaupten: So ist es. Einer von ihnen tritt vor die Schranke, um ihren Standpunkt zu vertreten. Der Arme! Um nichts in der Welt würde ich mit ihm tauschen. Er hüstelt und räuspert sich, um Kompetenz zu markieren. Ich betrachte das Publikum und die Speichelfäden an seinen Lippen. So entgeht mir die Diagnose, vielleicht verstehe ich sie auch nicht, und die Richterin muss ihn auffordern, sie zu wiederholen. Jetzt trennt er die Silben deutlicher: Le-bens-läng-lich. Nachdem er das ausgesprochen hat, verzerrt sich sein Gesicht vor Schreck; er dreht sich zu seinen Kollegen um, erwartet ein Zeichen der Zustimmung, aber die anderen haben die Köpfe in die Hemdkragen eingezogen und sind nicht imstande zu nicken. Er sucht im Saal nach Halt, nach einem Punkt, auf den er den Blick heften kann; findet keinen; überall arbeitet und regt sich das Holz, Latten knacken unter dem Gewicht derer, die tot sind. Er verliert sich für ein paar Stunden, dann fügt er in einem Ton, der mir nicht allzu überzeugend vorkommt, hinzu: “Wenn es auch angesichts seines offenkundig bösen Willens und seiner Weigerung, mit der Justiz zu kooperieren, schwerfällt, die Persönlichkeit des Angeklagten oder die Gründe seiner Tat zu beurteilen, sind wenigstens die Fakten klar erwiesen.”

Kommen wir also zu den Fakten: Ich bin in eine Mordsache verwickelt. An einem schönen, etwas kalten, aber lichten Februarmorgen ging ich mit einer Pistole bewaffnet die Straße entlang und tötete drei Personen. Anscheinend Leute, die ich nicht kannte und die nichts von mir wollten. Sie waren menschliche Wesen, ich vielleicht auch, und es lief gar nicht schlecht. Dann hörten vierundfünfzig Zeugen sieben oder acht Schüsse. Ich sah Rosetten von Gehirn auf den Gehsteig spritzen. Die Straße quasi Kathedrale. Die großen Orgeln gingen los.

Das ist also klar erwiesen, aber sie begreifen es nicht. Ich, der jahraus jahrein auf diesem schlechten Stuhl sitzt, merke genau, dass sie ratlos sind, sie würden mich am liebsten fragen: “Verstehen Sie es?”, und ich könnte jederzeit antworten: “Ach, wissen Sie, in meiner Lage …”, aber ich lasse es lieber: Ich möchte mich nicht an irgendwas mitschuldig machen. Wenn ich, der ewige Zeuge, schon einmal Täter bin, habe ich gar keinen Grund, alles auf den Tisch zu legen. Sie fragen: Waren Sie zum Tatzeitpunkt Opfer einer psychischen Störung, die Ihr Urteilsvermögen ausgeschaltet hat, quasi plemplem? Dieses Problem beschäftigt sie. Voll guten Willens befrage ich mich selbst. Ich weiß nicht, wie ein ausgeschaltetes Urteilsvermögen aussieht. Ich hatte noch nicht das Vergnügen. Mein Anwalt sagt Ja, Ja, Ja. Vollkommen ausgeschaltet. Das ist das richtige Wort. Er sieht aus, als wäre er sich vollkommen sicher. Der Sachverständige will uns mit seinem Sachverstand beeindrucken. Sein Blick ist glasig, er hört sich gern reden und gebraucht Formeln, die letztlich auf nichts anderes hinauslaufen als auf ein vielleicht, aber vielleicht auch nicht; wir können nicht allzu viel dazu sagen, wissen Sie, diese Unbestimmtheit heutzutage … Mein Mund? Mein Mund. Ist verschlossen. Und wird sich weder morgen noch übermorgen öffnen. Das passt ihnen übrigens gut ins Konzept: Als anständiger Irrer redet man zu viel Überflüssiges oder überhaupt gar nichts; wir haben es berechnet, jeder in seiner Ecke, ohne uns darüber auszutauschen, und sind zu demselben Ergebnis gelangt: Rational betrachtet, ist die zweite Lösung ökonomischer.

Im Schweigen bin ich Meister, sie gestikulieren in ihren schwarzen Roben, die ihnen viel zu groß sind – und zeigen mit Fingern auf mich, die immer länger werden, wie bei den Inquisitoren. Nexus hat dies getan, sagen sie, Nexus hat jenes behauptet, Nexus schweigt verstockt und zeigt keine Reue. Nexus ist anscheinend mein Name. Der arme Nexus, von allen Seiten angegriffen, von vorn und hinten mit fragenden Blicken umstellt, die im Nacken kribbeln wie Ameisen. Wenn man meinem Zwangsverteidiger neben mir ins Gesicht schaut, könnte man meinen, ich habe gewonnen. Ich finde das nicht besonders lustig. Solche gerichtlichen Verfahren sind sehr hart und ermüdend. Ich würde gern schlafen, aber ich kann nicht, und ich weiß, dass es ohnehin nichts helfen würde. Am besten das Gewitter vorbeiziehen lassen. Manchmal, wenn sie zu weit gehen mit ihrer Überheblichkeit, will ich etwas sagen, aber ich bin ja nie dran, und mein Kiefer ist taub – Ameisenhaufen quasi. Stattdessen flüstere ich mir Beruhigung und Ergebung ein.

Am Morgen des fünften Tages schlägt die Stunde der großen Schicksalsworte. Meine Stirn rinnt in dicken Tropfen aufs Parkett. Weil es nämlich recht heiß ist, ein bisschen zu heiß für den Menschen. Von „lebenslänglich“ abgesehen, war das wichtigste Wort des Prozesses „Affenhitze“: Die ganzen Trottel vom Gericht mazerierten in ihrem Schweiß. Nach dem Urteilsspruch kommt Bewegung in den Saal um mich herum. Auf einmal wollen die Leute ganz viel zu ihren Nachbarn sagen. Ich höre die Holzbänke murmeln, das Urteil sei verrückt. Noch nie hätte ein Unzurechnungsfähiger Lebenslänglich bekommen. Ein paar Stuhlbeine kreischen Skandal, andere, über den Daumen gepeilt mehr: Geschieht ihm ganz recht. Seit ein paar Minuten heißt der Befehl Aufstehen, aber ich finde Sitzen besser, auch auf diesem schlechten Stuhl. Dann lautet die Frage, ob ich etwas sagen will. Überhaupt nicht. Sie sollen tun, was sie für richtig halten. Für mich ist es eh bald vorbei.

Am Ende haben sie mich für immer in eine graue Welt von vielleicht sechs, sieben Quadratmetern eingesperrt, einmal am Tag Hofgang, dreimal am Tag Essen. Das Bett war aus Eisen, einem kalten Metall, und man konnte nicht schlafen, wann man wollte. Glücklicherweise haben sie mich nicht dort verschimmeln lassen. Beim Wort genommen, heißt „Lebenslänglich“: bis man stirbt. Aber der Sinn der Wörter heutzutage, wissen Sie, bei diesen labilen, launischen Menschen … Das Bett danach war besser, die Welt ein wenig größer und sehr weiß, die Leute waren netter und auch ganz in Weiß, was in Luxuskliniken vorgeschrieben ist. Das habe ich von einer schwarzen Krankenschwester, die diese Entscheidung politisch grenzwertig fand. Wir haben ein bisschen geredet. Ich sehe sie vor mir, wie sie sich konzentriert und dann sagt: Reinheit ist sehr monoton. Und hinzufügt: Das kommt aus einer anderen Zeit, es ist anarchisch. Möglicherweise meint sie anachronistisch. Aber ich werde mich hüten, sie darauf hinzuweisen. Ich habe lange genug gebraucht, um als Wortexperte durchzugehen, und es kommt mir selbstverständlich nicht zu, andere zu verbessern. Sie war rund und hübsch und schwärmte für Farben, sie fragte mit einem kehligen Lachen, ob ich ein Unreiner sei. Wenn ich mir eine Farbe wünschte, würde sie versuchen, sie mir zu besorgen, ich müsste ihr nur sagen, welche. Blau, sagte ich. Sie streckte mir ihre Hand entgegen: Schlag ein, Herr Nexus, Blau, okay. Aber nein: Es war unmöglich, die Vorschriften untersagten Blau im allgemeinen und für mich im besonderen. Einmal ist keinmal, sagte meine Krankenschwester, tut mir sehr Leid. Und sie sah wirklich so aus. Ist nicht so schlimm, beruhigte ich sie. Das Blau, das ich haben wollte, diesen speziellen Farbton hätten Sie ohnehin nicht gefunden. Mit einem noch strahlenderen Lächeln als sonst versuchte sie mich zu trösten: “Mein armer Herr Nexus! Mit der Zeit gewöhnt man sich an alles.” Das ist die Weisheit der einfachen Leute – kostet nicht viel. Ich dagegen wusste, dass das falsch war, unmenschlich bleibt unmenschlich, aber da sie mich für immer dort eingesperrt hatten, blieb mir nichts anderes übrig als zu nicken. Wenn man in einer Klinik lebt, ist Widerstand Verschwendung. Er führt direkt zu Beruhigungspillen. Nach ein paar Wochen hatte ich die Gewohnheiten eines hölzernen Hampelmanns angenommen, der sich von der Justiz beuteln lässt und brav bleibt, auch wenn sie inkonsistent ist. Das Datum lautete 4. Oktober: “In drei Tagen ist Ihre Verlegung. Man wird sich um Sie kümmern.” Meine unreine Krankenschwester ahnte nichts vom Gewicht ihrer Worte. Bis dahin war ich froh, dass sich um mich nicht allzu sehr gekümmert wurde. Ich lebte fast auf einer Insel – dort erhob sich eine Zitadelle, und es herrschte ewiges Schweigen. Weil die Welt feindselig war, hatte ich beschlossen, mein eigener Ort zu sein, mein einziger Bewohner. Kein Bedarf mehr, Land zu sehen. Aber was mir gefällt, gefällt denen wahrscheinlich nicht. Merkwürdig.

Jetzt haben sie mich in das große Haus gebracht, das gar nicht endet, die Zimmer drehen sich im Kreis und sind nie dieselben. Glubschaugen laufen am Plafond entlang und überwachen jede Bewegung. Was tu ich hier eigentlich? Das ist kein Platz für mich. Ich muss unbedingt weg. Womöglich weine ich schon bald meinem grauen Eisenbett, den weißen Laken hinterher. Ich fürchte mich vor einer Wiederkehr der Fragen. Ich halte das nicht mehr aus. Ihre viel zu vielen Warums sind zu einem hartnäckigen Kloß in meinem Hals verklebt. Beim Prozess haben sie mich tagelang mit einer solchen Sintflut von Fragen überschüttet, dass ich am Ende aufgestanden bin und ihnen sehr gerade, sehr steif die große Abreibung verpasste: Ich gestand, dass ich die Welt gerettet habe. Frau Richter, meine Damen und Herren, bei allem Respekt … ob Sie es wollen oder nicht: Es ist mir gelungen, unsere Erde für die Achtlosigkeit der Götter zu rächen.

 


© Deutsche Übersetzung: Brigitte Große

 

20 Kommentare

  • Max Mustermann

    La question on se demande est, quand on a lit le premiere paragraphe : qu’est que le narrateur a probablement fait? Peut-être il a tue quelqu’un. On pourrait aller perpétuité à la prison pour ca. Quand même, il semble que la personne qui defends lui est dans un situation plus difficile.(,,Pour rien au monde je n’échangerais nos places.”)

  • L.kreativ

    L’histoire traite d’un crime. Malhereusement on ne comprend pas aussitôt quel crime est décrit. Il y a un criminel qui peut-être tue quelques personnes et au moment

  • Bent

    Le moi-lyrique est probablement un meutrier.
    Mais c’était plutôt une peccadille. Les juges le doivent condamné quand-même.
    Il a tué le violeur de sa femme. Mais le viol n’était pas officielement confirmé.
    Et à cause de ses problemes mentales il ne dit rien.

  • Amelie

    Il est un meurtrier.
    Il a tué son épouse et il n’a pas eu de regret.
    Il dit qu’ils se sont disputer parce qu’elle a contrat de mariage.

  • AlexD

    Seul le début semble plutôt déprimé et supprimé- tout est très mauvais pour le personnage principal. Emprisonnement à perpétuité signifie la fin de son avenir et de sa vie elle-même. Mais il semble qu’il était puni justement et en conformité avec la loi. Il est un tueur inhumain, il a interrompu les vies de personnes innocentes et ne le regrette pas.

  • Bent

    C’est vraiment impressionnant et intéressant de se trouver dans la perspective du meurtrier.
    Il y a beaucoup de romans policier mais les les sentiments et pensées d’accusé ne sont pas souvent donné. J’ai vraiment aimé le texte parce que il donne une perspective different mais aussi choquante.

  • Gregor

    Extrait #1
    Cette mauvaise chaise

    Ce que j´ai aimé dans ce texte, c´est qu´on a donné la perspective d´un criminel. Souvent les romans policier n´agissent de les sentiments du cupable. Mais quand même qu´est ce que je n´ai pas aimé, c´est que le text est un peu diffus.

  • L.kreativ

    Extrait 1
    Ce que j’ai (beaucoup) aimé:
    J’ai bien aimé l’histoire parce qu’elle est avec beaucoup d’émotions.
    J’aime aussi la perspective du narrateur parce qu’il décrit beaucoup de babioles.
    Ce que je n’ai pas aimé (du tout):
    Je n’ai pas compris la fin d’extrait 1/ la message de la fin parce que ce n’est pas très claire.

  • Amelie

    extrait+1
    Ce que j’ai beaucoup aimé est que le text eu très intéressant et il est par aborde la plupart des romans policier. J’aime que la description est imagée. Ce que je n’ai pas aimé que le text est un petit peu allongé.

  • MariA_clara

    Extrait #1: Le texte est écrit très artistiquement et l’idée d’écrire d’une perspective d’un meutrier est bizarre. Mais je ne suis pas d’accord avec le message du texte que garder le silence soit meilleur et plus héroique que parler. Parfois, c’est meilleur qu’on parle.

  • luise_wld

    Extrait no.1 Vincent Message ” Les Veilleurs”

    Ce que j’ai bien aimé dans ce texte est la perspective du narrateur parce que dans un roman policier un agent de police est normalement le narrateur et on ne connait pas la perspective du coupable. Ici, c’est different.

    Ce que je n’ai pas aimé dans l’extrait est que de temps en temps on a des problèmes à suivre les pensées du narrateur.

  • AlexD

    Extrait #1
    Ce que j’ai bien aimé dans ce texte: c’est le choix des mots et le moyens, commet les sentiments du personnage principal sont décrits.
    Ce que je n’ai pas bien aimé dans ce texte: le sujet est une question de goût.

  • tasse

    Extrait #1
    J’ai beacoup aimé ce texte parce que il me fait reflechir de savoir comment un meurtier pense.
    Mais c’etait un peu compliqué de comprendre pourquoi il n’a pas essayé de contester le jugement
    mais au contraire il l’accepte.

  • Bob-Otto

    J’étais vraiment etonné par l’histoire. Il est diffiicle à comprendre ce que M. Nexus veut dire au récipient. On lit donc tout le text, esperant qu’il y aura une réponse aux questions lequel le lecteur demande à lui-même. Je me rejouis de lire le deuxième part, peut-être on va connaître plus :-)

  • Vincent Message

    Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un roman de six cent pages… Donc il est sûr que les réponses ne peuvent pas figurer dès le chapitre 1 ; on a tout au plus des questions ; on a un seul point de vue (celui du meurtrier) alors que dans le roman alternent ensuite le point de vue de Nexus et celui des deux enquêteurs, le policier Rilviero et le psychiatre Traumfreund qui doivent déterminer s’il est responsable de ses actes.

    L’acte de Nexus est clair : il a tué trois personnes dans la rue.

    Ce qui n’est pas clair ce sont ses motivations. Et tout l’enjeu du roman va être de les élucider.

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